Affichage des articles dont le libellé est Coup de gueule. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coup de gueule. Afficher tous les articles

samedi 21 décembre 2013

Top des préjugés sur la bisexualité / pansexualité

...que nous regrouperons malgré tout pour la suite, car, faut quand même avouer que la majorité des gens seront d'accord avec cette affirmation :



I "Bisexualité et pansexualité, ce sont deux mots différents pour au final dire la même chose."

A chacunE ses définitions, cependant je ne trouve pas les deux termes comparables, et au contraire de l'avis de beaucoup de personnes, je trouve le terme de bisexualité trop binaire, non-inclusif des personnes dont l'identité de genre ne correspond pas aux sexes attendus (h/f), contrairement à la pansexualité, que je vois comme plus "générale", insinuant que l'on aime une (ou des) personne(s) peu importe leur sexe / genre, et non un seul ou deux type(s) de personnes prédéfini selon un sexe.

Vous saurez donc que pour moi il n'existe pas seulement deux genres (ni deux sexes, quid des intersexués ?), mais une infinité. Et c'est pour cela que tant de gens ne se reconnaissent pas, se sentent tellement éloignés des représentations genrées de l'homme et de la femme (moi la première).

Autre chose, je n'apprécie pas le fait que bisexualité et pansexualité comprennent ce même suffixe, "sexualité", comme si c'était quelque chose de forcément nécessaire, comme si l'on ne devait pas inclure l'asexualité. Mais je ne saurais quel terme utiliser à la place à ce moment-là.



II "Les biEs ne subissent pas d'homophobie / de biphobie

...et donc ne devraient pas être autorisés à prendre part aux discussions et aux luttes LGBT."

Qu'est-ce que mes pauvres oreilles ont pu l'entendre celui-là.

Détrompez-vous : les biEs subissent l'homophobie ordinaire lorsque leur orientation sexuelle est relevée, et d'autant plus d'invisibilisation, et ce des deux côtés de la barre.

Première chose, le coming-out. Les plus biphobes (ou naïfs) d'entre tous oseront dire qu'un C-O, c'est inutile chez les biEs puisque de toute façon ce ne sont que des gens qui n'assument pas leur homosexualité, et comme ça leur fait une bonne planque, pourquoi ils en sortiraient ? Et pis t'façon, qu'ils le fassent ou pas, ils font "assez hétéro" pour être sauvés de l'homophobie, ou font "trop hétéro" pour que les homo les considère comme des homo à part entière \o/ (nous en reparlerons plus tard.)

Sauf que, non. Quand on veut s'assumer tel qu'on est et se montrer tel qu'on est à tous, ne plus laisser aucune ambiguïté possible et ne plus être obligé de se cacher pour sortir avec qui l'on aime, c'est quand même bien pratique. Et ça permet aussi de faire du ménage dans ses amis mais chuuut ça faut pas le dire

Donc, les conséquences d'un C-O quand tu es biE : attends-toi soit au dégoût assumé ou soigneusement dissimulé, soit à ce que tes proches et connaissances, homo comme hétéro (et même parfois biEs) ne te prennent pas au sérieux et te rient au nez, ou te prennent pour unE grosSE perversE :


*tape sur l'épaule* "Roh ça va c'est qu'une passade, hein :]"

*air surpris* "Tu es désespéréE à ce point ? oO"

"Eh, ça te dit pas un plan à trois avec ma meuf ? ;)"

*air plein de compassion* "T'en fais pas, tu vas bien finir par trouver un mec / une nana valable ! :)"

*dégoût* "Beurk, quelle horreur, je te pensais pas si dépravé --"

*air plein de sous-entendus* "A voile et à vapeur hein... ;)"

*bip* "Désolé mais je ne peux pas garder contact avec toi, mes parents ne l'accepteraient pas. Ciao"

*site qui rend contre* "Salut. Ça va? Tu as déjà fait une partouze ? Non ? Ah bon :("

*déçu* "Ah mais non tombe pas du côté obscur quand même :("


A partir de ça, les biEs, sortis ou non du placard, subissent de toute façon homophobie, biphobie et invisibilisation de leurs proches de toutes orientations, du style :


  III "La bisexualité n'existe pas"

Et si moi je vous disais :

"Quoi ? Comment ça, vous êtes hétéro ? Mais, mais... ça n'existe pas vraiment ça, l'hétérosexualité ! Vous le savez bien, on est tous plus ou moins bi au fond ! Et puis d'abord, comme je le décrète, c'est que c'est ben vrai !"

Non mais, sérieux, vous êtes biE ou pans, et là, quelqu'un vient vous dire (et essayer de prouver par tous les moyens) que VOUS n'existez pas : c'est pas un peu violent ? Non ?

Tout doit être nécessairement tout blanc ou tout noir ? Ou il n'y a qu'un seul modèle de couple / famille valable, comme c'est l'avis des abrutis... hum pardon disciples de Frigide Barjot ?

Triste monde dans lequel on vivrait... !

Comme je le dis souvent pour d'autres sujets, ce n'est pas parce que vous ne voyez pas, ne constatez pas les choses par vous-même, qu'elles n'existent pas (et qu'il faut remettre ceux qui l'ont vécu en question).



IV "C'est juste une mode", "Ce sont des gens perdus dans leur orientation sexuelle"

Donc, tous et toutes les biEs se résumeraient à des gens qui tentent une expérience homo ou hétéro, juste "pour être sûr", "parce que c'est la mode" ou "pour imiter leurs acteurs / actrices préféréEs" ? Et quand bien même des gens le feraient, en quoi cela vous concerne, ou serait méprisable ? Ce n'est pas votre vie et ce ne sont pas vos choix, ayez les vôtres et respectez ceux des autres.

Enfin, c'est encore bien restrictif tout ça, comme vision des choses. On ne peut donc pas être convaincuE d'aimer autant les deux sexes / genres, ou simplement d'avoir des affinités envers un sexe sans être totalement indifférent à l'autre ?

Vous n'êtes pas à leur place, tout comme ils ne sont pas à la vôtre, donc n'affirmez pas des choses dont vous ne savez rien. (merci d'avance ^-^)



V Dans la famille "Je n'aime pas / ne veux pas sortir avec unE biE", je demande le :

V-I ...car ils sautent sur tout ce qui bouge / je ne veux pas qu'il / elle me trompe avec l'autre sexe


C'est beau la confiance dis-donc ! Vous saurez qu'en choisissant de vous engager dans une relation monogame, vous courrez de toute façon le risque d'être trompé par le / la partenaire que vous avez choisiE, et si cela doit arriver, ça ne dépendra en aucun cas de sa sexualité, mais du / de la partenaire lui / elle-même qui aura décidé de fauter pour x raisons.

Ceci dit, les relations polyamoureuses (ou non-exclusives) ne sont pas toujours épargnées par les histoires de trahisons et autres secrets bien enfouis, mais bref, je m'écarte du sujet ^^



V-II ...car ce ne sont pas des vraiEs

Nous retrouvons ici les stéréotypes de la "planque" de tout à l'heure, ainsi que du gay passif / actif (préjugé du "qui fait l'homme et qui fait la femme") ou trop viril pour être gay, et de la lesbienne lipstick (trop féminine pour être lesbienne) / butch (assez masculine pour être lesbienne) / goldstar (tu as couché avec l'ennemi des hommes donc tu as été avilie / corrompue par ceux-ci, ou tu as moins de valeur que les autres) .




Suite de l'article à suivre :)

jeudi 19 décembre 2013

Bingo !

Coucou les gens,

Je sais que je poste de moins en moins souvent, non car l'inspiration me manque, mais plus parce que, ce que j'ai dans la tête et qui me titille, je le retrouve de façon très bien dite et détaillée sur d'autres blogs... de façon à ce que je n'ai pas à l'écrire moi-même au final (devrais-je dire "ouf" ?._.).

Car oui, je voudrais vous parler de sexisme, de body-shaming, de slut-shaming, et même de biphobie, ou encore de mansplaining... mais encore faut-il que j'aie le temps, l'envie... et que ça serve à quelque chose ! Qu'on ne me ressorte pas incessamment un bingo féministe à longueur de journée...

D'ailleurs je me suis fait le mien, cadeau pour les habitués ;)


Je peux vous dire que ça occupe ET ça détend quand on est en plein milieu d'une conversation sur le sujet, ou juste en train de vagabonder sur le net et qu'on tombe sur un Papa Patriarcat :p

Alors bon bingo à tous et à toutes :)

samedi 2 novembre 2013

Quarante-deux

 


La grossophobie, quand tu es enfant ou ado, c'est la peur.   

D'aller à l'école, ou dans la rue. Partout.

C'est les insultes, les coups, et les surnoms, qui te réduisent à un animal, une chose, ou rien du tout. Et qui demeurent gravés sur ton corps et dans ton esprit d'adulte. 

La grossophobie, c'est voir ta confiance en toi partir de zéro (ou y descendre) et ne jamais évoluer, puisque tu n'as pas le temps de la travailler vu que tu es rabaissé constamment.

La grossophobie, c'est les injonctions à manger plus, ou manger moins, que t'inculque ton entourage. Allez, finis ton assiette, y'a des gamins qui crèvent de faim en Afrique. N'en reprends pas, va, t'es déjà assez potelée comme ça. Comment tu fais pour pas t'évanouir en cours avec le peu que tu manges ? Attention, la brioche commence à pousser là. T'as vraiment un appétit d'oiseau, tu pourrais te forcer un peu quand même. Tu ne veux pas avoir un cul de vache ?

La grossophobie, c'est trop souvent être seul et le rester. C'est hésiter à sortir de chez soi une fois adulte car on sait, on est persuadé, qu'il va encore se passer quelque chose. Une remarque, un regard, qui va suffire à nous pourrir la journée.


La grossophobie, c'est celle que tu subis peu importe ton poids, supposé ou réel.

C'est lorsque des abrutis s'amusent à te traiter de grosse juste pour le plaisir sadique de te voir complexer un peu plus.
 
La grossophobie, c'est parfois faire une taille de jean que les gros considèrent comme "mince", et que les minces considèrent comme "ronde", ainsi tu te trouves dénigrée ou rejetée de tous les côtés.

La grossophobie, c'est quand tu surprends des potes en train de dire "moi une fille ronde / grosse / en surpoids, c'est comme une fille qui fume / qui boit / qui se drogue, je pourrais pas", ou "à la limite pour un plan cul et encore, faut être mort de faim... ou avoir vachement pitié".

La grossophobie, c'est quand les magazines et les photographes, même amateurs, cherchent "uniquement des filles minces" pour participer en tant que modèle. Critère encore plus con sachant que dans presque tous les cas les photos seront retouchées par la suite, puisque même les filles que l'on estime "minces" ne correspondront jamais à l'image surfaite de la femme renvoyée dans les médias.


La grossophobie, c'est subir dix fois plus de regards et de réflexions cinglantes ou irréfléchies que si t'avais "rien à perdre" selon la société, et ces comportements ne choquent jamais grand monde.

La grossophobie, c'est l'hypocrisie permanente des gens qui préfèrent utiliser "ronde" plutôt que "grosse", alors qu'ils n'en pensent pas moins.

La grossophobie, c'est côtoyer toutes ces injonctions permanentes teintées de sexisme, "tu ne devrais pas porter ces fringues", "tu devrais plutôt porter ces vêtements bien larges", "prends du noir et mets des talons hauts ça amincit", "pas de rayures ça grossit encore plus", "c'est trop près du corps", "ça irait mieux sur quelqu'un de mince", "montre tes seins puisque tu en as", "cache bien tes cuissots par contre".

La grossophobie, c'est quand tu vas chez ton pierceur pour te faire percer le nombril, et que les autres client(e)s te regardent de bas en haut, puis de haut en bas, puis de travers, comme si toi tu ne devrais pas te le permettre avec ton ventre rond ou pas tout à fait plat.


La grossophobie, c'est tous ces mecs hétéros qui croient te consoler avec "t'en fais pas, les hommes préfèrent les rondes".

Comme si on avait forcément besoin de leur approbation.

La grossophobie, c'est avoir affaire à la (fausse) bienveillance des gens et leurs "femme ronde = vraie femme", quand leur admiration pour les "rondeurs" se limite aux formes "bien placées", que tu n'as pas forcément d'ailleurs.

La grossophobie, c'est quand on te juge gratuitement, non sans une pointe de dégoût, avec des : "t'es belle, mais t'es grosse...", comme si les deux étaient parfaitement incompatibles.

La grossophobie, c'est quand les mêmes personnes tentent de te rassurer avec des "ben oui, t'es grosse, mais t'es belle", et des "un tour à la salle de gym et là tu seras parfaite".

La grossophobie, c'est quand on te sort "t'es belle MALGRE tes kilos", comme si une horrible malédiction reposait sur tes si laaarges épaules.


La grossophobie, c'est les cons qui pensent que quand tu es gros, tu es de toute façon MALADE, forcé de dire adieu au bonheur et à tous les plaisirs de la vie.

Et de regretter pour l'éternité ton caractère pourri qui fait que tu manques trop de volonté pour pouvoir rentrer dans la case "mince".

La grossophobie, c'est souvent le malheur d'avoir des TCA peu (voire pas) reconnues par les institutions médicales, qui te parlent très vite et très facilement de boulimie et d'obésité, beaucoup moins d'anorexie et de dépression. "Après tout, si les grosses étaient anorexiques, elles seraient maigres ?!?!"

La grossophobie, c'est commencer à penser aux opérations chirurgicales pour résoudre tous ces "problèmes". S'en vouloir d'être quelqu'un d'aussi superficiel et centré sur l'apparence. Y renoncer. Y repenser quand même.

La grossophobie, c'est les commentaires décomplexés des gens sur Internet, qui excusent la grossophobie quotidienne par des "mais ils le méritent, pis c'est la vérité, et pis ils ont qu'à maigrir s'ils veulent pas qu'on se moque d'eux" et des "mais c'est pour leur bien qu'on leur dit qu'ils sont gros, il faut bien qu'ils changent, c'est pour leur santé". Et aussi (et peut-être même surtout) parce que ces idiots ne supportent pas de voir des hanches larges ou quelques bourrelets qui dépassent, ou juste l'idée d'y être associé : tout ce qui compte, c'est "sauver les apparences", point.


La grossophobie, c'est celle que tout le monde accepte, celle dont tu voudrais te défendre, mais tu n'en as pas les moyens.

Et ça devient celle qui sort de ta propre bouche et que tu appliques à toi-même, tellement on t'a bien bourré le crâne de ces conneries.

La grossophobie, c'est pas la lutte contre l'obésité, c'est la lutte contre les gros. Ceux qui prennent trop de place. Ceux qui dérangent. Ceux que l'on a peur de devenir, en fait.

La grossophobie, c'est l'effort permanent quand tu as un surpoids et que t'essayes de manger "bien" ou "mieux" pour t'en débarrasser, même pas pour toi mais pour ceux qui ne t'aiment pas tel-le que tu es. Et que tu continues à cumuler les kilos en même temps que les moqueries.

La grossophobie, c'est ces diététiciens et autres "professionnels de la santé" qui se font grassement leur beurre sur ton dos, ce régime forcé et tant détesté, cette grève de la faim qui te noue le ventre, ce bout de salade dans ton assiette qui ne te fait plus envie depuis si longtemps. 


La grossophobie, c'est ne plus pouvoir apprécier ce que l'on mange.

La grossophobie, c'est ne même plus avoir faim du tout.


La grossophobie, c'est se sentir coupable, et haïr son corps au point de vouloir le meurtrir.

Et finir par le faire.

samedi 7 septembre 2013

Des mecs, des hétéros, et des minces

Comment vous dire.

C'est chiant tous ces gens qui ne vivent pas quelque chose, et qui, dès lors que tu ouvres ta bouche pour en parler sérieusement, se permettent quand même de te dire comment toi ou les gens qui la subissent tous les jours devraient la vivre.



Les mecs qui t'expliquent comment tu devrais vivre ta condition de femme.

Que tu devrais l'ouvrir moins fort, "parce que les mecs sont pas tous "comme ça"", et que "des mecs violés ça existe aussi". Merveilleux cette façon de minimiser en même temps tous les abus sur des femmes, n'est-ce pas ? *o*

Que "le viol n'est commis que par des dégénérés sortis d'asile psychiatrique". Putain que non.

Mais que "tu devrais t'attendre à la possibilité d'être violée à chaque fois que tu sors", donc" tu devrais prévoir des fringues assez couvrantes en permanence". Cool la vie, ton corps t'appartient même pas tavu <3

Et comment tu devrais lutter pour ta cause, en tout cas pas "comme ça", "parce que là tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice". Pas en ayant un avis différent du sien quoi.
















Les hétéros qui ne sont aucunement concernés par le mariage gay et la PMA mais se sentent concernés quand même, donc déversent leur homopho... PARDON, partagent leur opinion dans des (d)ébats parfaitement cons(tructifs). Pauvres choupinouuuus, ça vous fait si mal au c(ul)oeur que des gens qui ne vous ressemblent pas aient les mêmes droits que vous ? :o

STRAIGHTSPLAINING. (ouais je sais, je viens d'inventer un mot)

 

Les maigres / minces qui te demandent de fermer ta gueule de grosse / ronde parce que "eux aussi ils se prennent des commentaires dans la tronche à cause de leurs kilos même si c'est des kilos en moins".

SLIMSPLAINING. (oui, encore)


 Et là je vais développer un peu.





Comment vous dire.
Quelqu'un qui n'a jamais eu de kilos en trop dans sa vie (un nombre conséquent je parle, pas 5 kilos à la con) ne comprendra jamais la souffrance qu'engendre le regard des autres sur cette particularité-là.


Pour faire simple : on rejette l'obésité, on prône la minceur, mais on tolère la maigreur.

J'ai été des deux côtés de la balance (et au milieu mais OSEF), et je peux vous dire que je préfère encore les yeux emplis de pitié des gens quand ils remarquent mes os saillants et être traitée de squelette ou d'anorexique, que le regard de dégoût total (j'exagère pas), les insultes à base de "grosse vache", "bouboule" et compagnie, les cuisses qui se touchent et donc provoquent de fortes réactions cutanées (solution : mettre un short sous les jupes... ou pas de jupe du tout T_T), la fausse bienveillance des proches ou moins proches ("mais non tu n'es pas SI grosse"), et les injonctions hypocrites du type "ne mange pas ça, ça fait grossir" suivies de "finis ton assiette pense aux petits africains qui n'ont rien à manger".

Y'a quand même d'énormes différences.

Par exemple, quand on parle des maigres, on dit souvent qu'ils sont anorexiques, ce qui n'est pas toujours le cas. Quand c'est le cas, on les plaint, parce qu'ils sont "juste malades". Il n'y a que les plus cons qui osent les réprimander.


Et pour les gros, on dit souvent qu'ils sont boulimiques, ce qui n'est pas toujours le cas non plus. Quand c'est le cas, et MÊME si ce n'est pas le cas d'ailleurs, les 3/4 de la populace, y compris des gens sensés, les traitent plus bas que terre, disent que "quand même ils pourraient faire un effort ces gros porcs qui bouffent n'importe quoi à longueur de journée", les poussent ainsi délibérément à l'anorexie, que malheureusement les gros souvent connaissent déjà.

Tout se passe dans la plus grande ignorance (ou le plus grand déni) des gens maigres / minces / normaux / pas assez gros aux yeux de la société. La plupart des gens croient sincèrement que l'anorexie n'existe pas chez les gros, "sinon ils ne seraient pas gros".


Je voudrais leur expliquer les yeux dans les yeux à ces lobotomisés du bulbe que OUI, on peut être boulimique ET anorexique, et que NON, tous les anorexiques ne se font pas forcément vomir comme ils le voient dans les reportages à la télé.



*Parenthèse ON*

Ah ouais, juste un conseil, si vous voulez garder un cerveau en pleine forme, jetez votre télé. Ou alors gardez-la, mais juste pour jouer, bande de geeks. ^-^


*Parenthèse OFF*



Et je voudrais dire aussi aux chers foyers bien-pensants que les TCA, ou Troubles du Comportement Alimentaire, sont le plus souvent induites NON SEULEMENT par notre milieu socio-culturel mais PRINCIPALEMENT par notre contexte familial, donc par vous-mêmes et votre culpabilisation constante, autant envers vous qu'envers vos enfants.

Et il arrive aussi que ce trouble puisse être déclenché par un trauma, ou un mal-être latent. Donc ça serait bien de pas en rajouter une couche hein. Et d'apprendre à ne pas voir les gros comme des déchets de la société. Et d'apprendre à distinguer la maladie chez les boulimiques et pas juste la graisse qui dérange tant votre regard pudique.


En tout cas, quand tu es gros (et surtout quand tu es grosse), les gens se permettent 10 fois plus de réflexions cinglantes ou irréfléchies que si t'avais rien à perdre. 



"T'es ronde mais t'es proportionnée". C'est quoi les "proportions" pour toi ?

"Y'a toujours pire". Y'a toujours mieux.

"Ça te va bien mais ça irait mieux à moi". Modestie, modestie...

"Tu devrais pas mettre ce short / cette jupe, tes cuisses vont paraître encore plus grosses, en plus c'est indécent pour les mecs qui vont plus voir que ça". Et bah tant pis pour toi qui ne supporte pas ça, et tant mieux pour ces pauvres animaux en rut, hein ! ^-^

"Dommage, t'as quand même un joli visage". Et en dessous du cou je suis dégueu ? --'

"T'es belle... malgré tes kilos". Erreur, cerveau en surchauffe... "belle" non compatible avec "kilos", veuillez reformuler, veuiller reformuler...

"T'en fais pas, les hommes préfèrent les rondes". Comme si l'approbation du sexe opposé était nécessaire...

"Mais, tes kilos te vont bien à toi". LOL.


Je pourrais aussi faire une liste de réflexions adressées aux maigres mais ça ne vaudra jamais le quart de la fausseté et de la perfidie des précédentes.

Quand tu es gros, les gens n'ont pas peur de te voir mourir ou déprimer. Ils te répètent qu'il faut que tu maigrisses pour ta santé mais c'est le plus souvent faux, ils te le demandent pour sauver les apparences.

Quand tu es maigre ou mince, les gens peuvent t'insulter. Mais il peut y avoir de la jalousie derrière. Suffit que cela vienne d'une personne anorexique ou juste complexée, qui rêverait de la même silhouette.

Il peut également y avoir de la jalousie derrière les insultes envers les gros. Mais, grosse différence, elle sera uniquement envers un critère imposé par la société, à savoir des formes "bien placées", et non le surpoids de la personne.


Donc voilà. Merci de réfléchir et d'être empathique avant de parler ou d'écrire, ça peut servir.

Je finirais cet article par un lien vers un autre "article" totalement décomplexé d'un gros con sexiste, raciste, grossophobe, le bingo quoi. Enjoy.

dimanche 4 août 2013

Née Lui

Au temps passé,


Si j'avais été un petit garçon, et non une petite fille
On ne m'aurait pas voulue douce, généreuse et gentille

J'aurais appris à me défendre avec ou sans violence
Néanmoins, à me faire respecter comme une évidence

J'aurai porté la couleur bleue, et non du rose
Des fringues confortables et non des jolies choses

J'aurai grimpé aux branches des arbres, me serais roulée dans la boue
Mais une demoiselle se doit de toujours se tenir droite et debout...



Au temps présent,


 

Si j'étais un homme,

Je n'aurais plus à endurer les "hé mademoiselle t'es charmante"
Accompagnés de jolis "sale pute" et autres insultes élégantes

Je ne serais ni une "salope", ni une "mal baisée", ni "coincée"
Et la longueur de ma jupe n'attesterait en rien de celle de mes idées


Si j'étais un homme,

Je pourrais parler de politique sans être moquée
Sur mon poids, ma taille ou mon caractère trempé

Mes opinions, mes valeurs et mes compétences
Auraient plus de prestige que mon apparence


Si j'étais un homme, 


Toutes les femmes de mon entourage n'auraient pas cet oeil hautain
Prêt à critiquer chaque détail de mon apparence physique avec dédain

Tous ces vieux satyres, ces mecs de mon âge et ces hommes mariés
Ne me déshabilleraient pas du regard à chaque opportunité



Si j'étais un homme,

Mes tatouages ne seraient pas "moches parce que trop masculins"
Voire pas assez floraux ou étoilés selon l'avis de certains

Je disposerais enfin de mon corps qui respire
Sans que personne puisse trouver à y redire


Si j'étais un homme,

On ne remettrait pas en cause ma capacité à me servir d'une carte
Et je n'aurais plus peur de traîner ne serait-ce qu'en bas de mon appart'

De jour ou de nuit, chaque sortie ne serait plus une prise de risque trop négligée
Durant laquelle s'il m'arrivait quoi que ce soit je l'aurais bien mérité


Si j'étais un homme,

Mon nombre de conquêtes serait un tableau de chasse, une fierté
Une preuve que je plais, et non que je suis facile à consommer

Je pourrais parler librement de sexe sans me heurter aux sous-entendus
De ceux qui pensent que femme libérée égale femme de peu de vertu


Si j'étais un homme,

Personne n'irait dire que je ne m'intéresse aux jeux, au cosplay et à la science-fiction
Que pour "faire la belle", draguer l'autre sexe et sur moi attirer l'attention

Les employeurs n'oseraient pas me demander de passer sous la table
Pour signer un contrat de travail au salaire tout aussi effroyable


Si j'étais un homme,

Le voisinage ne me résumerait pas à "la meuf" ou "la copine de"
Et les administrations à la "propriété du nom de famille de monsieur"

On ne me dirait pas "trop bavarde" dès que je m'exprime avec passion
Ni "trop effacée" lorsque j'écoute avec réel intérêt et compassion


Si j'étais un homme,

Je ne connaîtrais pas ce cercle vicieux, cet enfer qu'est l'anorexie
Ni le dégoût de soi et des aliments provoqué par une crise de boulimie

Je ne me tuerais pas au sport chaque jour pour rester mince et en forme
Juste pour ne plus jamais laisser personne faire de remarque sur mes formes


Si j'étais un homme,

Peut-être que j'aimerais mon corps au naturel, tel qu'il est
Avec ses rondeurs, ses épaules larges, voire sa pilosité

En tout cas, je n'aurais plus un semblant de poitrine à détester plus que ma propre vie
Ces seins dont la vue me rappelle que d'autres les ont touché sans demander mon avis




Au temps proche,


Si j'avais été un homme, certes je n'en suis pas un
Et  n'en serais jamais un, mais reconnaissez-le bien

Ces choses ne seraient probablement, certainement jamais arrivées au cours de ma vie
Si seulement dès son premier jour ce sexisme et ces clichés ne m'avaient pas suivie

Je me dis encore, s'il n'avait jamais existé de sexe faible ou fort
Peut-être cela aurait-il changé pas mal de choses à mon sort

Si la différence entre mes jambes et celle sur mon torse ne provoquaient le discrédit
Si seulement il y a 23 ans de cela, j'étais née non pas ELLE, mais juste LUI...









jeudi 20 juin 2013

Ces gens-là


Les gens ne veulent pas entendre, ne veulent pas comprendre. Ou du moins, ils sont prêts à croire n'importe quoi, tant que ça les arrange de le penser.

Les gens, ils croient qu'un diplôme fait la force et la valeur d'une personne. Ils croient que c'est simple de ne pas faire une dépression, de ne pas se faire manipuler. Qu'il suffit de relever la tête et d'avoir confiance en soi. Que ce n'est pas possible vu ton niveau d'études, qu'il faut être bien faible dans sa tête pour se laisser faire, face à un mari violent ou autre pervers narcissique, notion qui de toute façon n'existe pas à leurs yeux. Qu'il suffit tout simplement de partir.

Ces gens-là, les mêmes qui croient que les violeurs, c'est ceux qu'on voit dans les films, les inconnus qui attendent dans les petites ruelles sombres, les étrangers à l'affût de la première fille seule qui traînera dans le coin.

Ces gens-là, qui croient qu'une fille voilée ou aux vêtements larges est toujours plus en sécurité qu'une fille en jupe ou maquillée, qui elle aura bien mérité ce qui peut lui arriver, vu qu'elle "l'aura cherché".

Ces gens-là, qui vont préférer détourner les yeux, traiter une victime de menteuse, parce qu'elle n'est "pas assez brisée pour que ce soit vrai", parce que quand t'as été violée, il paraît que tu peux pas avoir de relation stable, ni de vie sexuelle normale, et il paraît même que tu peux plus sourire jusqu'à la fin de tes jours.

Mais ces gens-là ne savent pas que les violeurs, c'est rarement ceux des romans ou des films. Ils ne savent pas ce que c'est qu'un PN, ni ce que c'est de vivre aux côtés d'un PN, puisque ceux-ci savent très bien dissimuler leurs travers, voire inverser la situation aux yeux de leur entourage. Ces gens-là ne savent pas que derrière les visages amicaux et souriants peuvent se cacher les pires monstres.

Les violeurs, ça peut être ton patron, ton prof, ton père, ton frère, ton voisin, ton copain, ton mari, ton meilleur ami. Ça peut même être une femme de ton entourage. Tu sais, le même entourage qui te dit : "Non mais moi je suis pas comme ça, moi j'ai jamais violé, pis tous les mecs sont pas des connards hein".

Mais, si tous les mecs ne sont pas "comme ça", alors où ils sont, les violeurs ? Ceux qui devraient être en prison ?

Les violeurs, ça peut être n'importe quel "mec normal" que t'as autour de toi. Ça peut être tes copains, quand ils ont pas de gêne à dire au sein de ton cercle d'amis qu'ils ont déjà fait boire une fille "facile" pour pouvoir mieux conclure avec, "au départ elle disait non, mais elle n'a plus dit non ensuite".

Ça peut être ton copain quand une fois au lit il t'oblige ou te fait du chantage tous les jours pour que tu fasses quelque chose pour lui faire plaisir alors que ça ne te fait pas envie ou que ça te déplaît. Ça peut être toi, qui profite quand ta copine dort, quand tu menaces de la battre, de la tromper ou la quitter si elle ne suit pas ton rythme sexuel à la lettre, ou quand elle te dit qu'elle le fera pas sans capote et que toi t'y vas quand même.

Et toi, combien de fois as-tu violé ? Et combien de fois as-tu laissé faire, expliqué ou pardonné un viol ? Combien de fois as-tu fait culpabiliser la victime, en disant qu'elle était trop soumise, qu'elle attirait trop l'attention, qu'elle devrait être contente parce que son agresseur était beau, ou qu'elle n'était pas au bon endroit au bon moment ? Combien de fois as-tu reporté la faute sur l'éducation des violeurs, l'urbanisation ou la société elle-même ?

Combien de fois as-tu contribué à la culture du viol ?

mardi 11 juin 2013

Diktats & Sexisme

Je suis lasse de cette dictature de la perfection.
Celle que la société impose.
Celle que je m'impose malgré moi.

De ces commentaires désobligeants, irrespectueux au possible.
De ces regards qui déshabillent, ces yeux qui épient, ces sourires qui moquent.
Cette jalousie maladive. Ce mépris envers la différence.

Ces hommes et femmes qui n'aiment pas les femmes, car ils les stigmatisent.

Ce slut-shaming permanent qui me donne envie de vomir, tant il vient aussi bien (voire plus) de femmes que d'hommes prêts à tout pour conserver leur modèle patriarcal. Parfois de mes amis sans même qu'ils s'en rendent compte.

Une photo de « jupe » lance une discussion sur le slutshaming jupe longueur

Et même moi, je le reconnais, que ça m'est arrivé d'approuver ce genre de remarques étant ado : trouver qu'une fille s'habille trop court, abuse sur le décolleté, se maquille beaucoup... encore que, en aucun cas je me serais permis de dire ou écrire des choses comme "va te pendre b*****" ou "faudra pas qu'elle s'étonne si elle se fait violer un jour, elle l'aura bien cherché cette p***", comme la pauvre Camille en reçoit toutes les minutes depuis dimanche, une honte ce qui lui arrive >_> à ce propos, que ces histoires soient vraies ou non, ON S'EN BAT LES OVAIRES, personne ne mérite de recevoir de telles remarques, OK? -_-

Ces jeunes, si facilement manipulables ^^ malheureusement, beaucoup le restent ensuite... et puis, c'est tellement plus facile de décrédibiliser critiquer quelqu'un sur son apparence physique et ses choix vestimentaires que sur ses actes ou idées, surtout quand il s'agit d'une femme, n'est-ce pas messieurs les politiciens :o

Bref, je pète un plomb, face à cette société de gaspillage consommation si mal en point, qui te demande à la fois d'avoir confiance en toi, de t'assumer, de t'aimer tel que tu es, tout en te balançant dans la tronche toutes les heures dans la rue et toutes les minutes via les magazines, la télé, les pubs, les réseaux sociaux, les opinions publiques que tu ne seras jamais aimé-e pour ce que tu es et que tu ne vaudras jamais rien, à moins de correspondre à un idéal surfait : corps ni trop gros ni trop maigre, avec des formes "où il faut", pas un seul kilo en trop, pas de poils nulle part sauf cheveux et sourcils, une taille 36 maximum, lèvres pulpeuses, nez droit, yeux bleus clairs, longs cheveux blonds (naturels si possible), peau bronzée sans démarcations, gros seins qui ne tombent pas, fesses rondes, toujours à la mode même sous les vêtements, "sexy mais pas pute", "maquillée mais pas trop", pas de boutons, rides, cicatrices ou vergetures, tous les jours à supporter des talons hauts de 10cm minimum, MÊME EN BASKETS. Perso je me vois pas courir avec :p

   
Et ça ce n'est que la forme les amis.

Grâce à cette société et son modèle patriarcal, dans l'inconscient collectif, une femme, ça se DOIT non seulement d'être soin belle (ou plutôt un bel objet), mais aussi d'être gentille, souriante, patiente, et surtout idiote soumise à la décision des hommes ; car c'est bien connu, il n'y a pas de fille à la fois belle et intelligente, il n'y a que les messieurs et les filles moches qui savent utiliser leur cerveau, parce que "quand même les pauvres, faut bien qu'elles compensent leur sale tronche / manque de poitrine".

Une femme, ça doit être romantique, doux, attentionné, fidèle, et ne pas avoir connu trop d'amants dans sa vie, mais si elle est vierge c'est mieux. Une femme, ça ne doit pas coucher trop tard ni trop tôt sinon c'est une coincée ou une pute. Une femme, ça ne doit pas gagner plus que son homme, se refuser à lui, ou partager les tâches ménagères avec lui, sinon c'est de la castration.

Une femme, ça se baise à partir de 12 ans ("je savais pas m'sieur elle en paraissait plus") et ça part aux ordures à partir de 30, excepté les MILF des séries TV (les cougars c'est trop swag).

Une femme, c'est forcément tout plein d'amour. Ça n'a pas de pulsions, ça sert à faire des enfants (voir la Manif pour Tous avec sa superbe pancarte "Femme stérile, femme inutile"), pis ça n'aime pas le sexe mais bon faut bien qu'elle fasse semblant pour faire plaisir au mari, au pire il ira voir ailleurs et ça sera sa faute à la madame.

Une femme, ça ne doit pas emporter de capotes ou de lingerie fine dans ses bagages pour partir aux USA sinon elle finit directement sur blacklist pour prostitution. "En tout cas, on ne nous a dit rien de bon sur vous. Donc on vous laisse pas partir." TRUE STORY BRO.

Welcome back to the fifties, guys & girls.

jeudi 16 mai 2013

L'homme qui voulait être Homme à la place des Hommes



Salut les gens biens ! :D

Pendant que la populace vomit sur les seins d'Angelina Jolie (que je trouve bien courageuse personnellement), moi je traîne à la Fnac lire des bouquins (pas forcément) intéressants. Rayon SF, BD, mangas, arts, psychologie, sociologie. Et puis développement personnel. C'est tellement n'importe quoi que c'est que du bonheur. Hier je suis tombée sur une vraie perle... enfin, une perle du machisme u_u ça s'appelle "Soyez femme, mais pensez comme un homme".


Le résumé de la Fnac :

Steve Harvey, animateur de l’émission radiophonique américaine The Steve Harvey Morning Show, ne saurait dire combien de femmes impressionnantes il a rencontrées au fil des ans, que ce soit grâce au volet « Strawberry Letters » de son émission ou durant ses tournées d’humoriste. Ce sont des femmes capables de diriger une petite entreprise, de s’occuper à merveille d’une famille de trois jeunes enfants et de diriger un groupe communautaire en même temps.

Pourtant, côté vie sentimentale, elles sont incapables de découvrir ce qui réussit auprès des hommes. Pourquoi ? Selon Steve, c’est parce qu’elles cherchent conseil auprès d’autres femmes, alors que seul un homme pourrait leur dire comment gagner le cœur d’un homme et le garder.



Mon pauvre Steve, j'ai toujours eu tellement de potes mecs avec qui j'échange des conseils, que s'ils avaient été aussi bons que ça, leurs conseils, crois-moi que je me serais mariée dès le jour de mes 18 ans *OUF quel soulagement que ce ne soit pas le cas >_>*

Alors comme ça, la pensée (surtout de la prétention en fait) d'un seul homme suffirait pour savoir ce qui retient un homme en général? Pourquoi au fil de ce bouquin j'ai sans cesse l'impression qu'il ne parle QUE de son cas personnel (en particularité de sa fierté mal placée :D), et non de celui des femmes qu'il a rencontrées?

...bref, j'ai pris quelques photos aux pages les plus concluantes (pas pu m'empêcher tellement c'était GROS T_T) pour que vous puissiez juger par vous-même de ce torchon, pardon, déchet. C'est humiliant pour Twilight.

Je tiens quand même à préciser avant que la "période probatoire de 90 jours", pour Steve, c'est en gros "le temps à attendre avant de coucher pour obtenir le respect du monsieur sinon ne t'étonne pas que tes relations tombent à l'eau rapidement, et si ça dure quand même tu as juste eu de la chance sale p***".

Attention les yeux, je vous présente le mec qui est persuadé de pouvoir se mettre à la place de TOUS les hommes (et ostentatoirement de TOUTES les femmes) sur Terre :


Mais bien sûr, laissez les travaux des mâles aux super mâles ! Préférez les bonnes vieilles tâches ménagères, on vous a toujours dit que c'était votre mission mesdames ! Si vous leur montrez que vous savez tout faire comme eux, que voulez-vous qu'ils comprennent? Que vous n'avez tout simplement pas besoin d'eux ! Ça va les blesser dans leur fierté masculine les pauvres ! N'oubliez pas aussi de vous habiller sexy pour aller au lit aussi parce que ça fait toujours plaisir ! *...comment ça "vous aimez vous mettre à l'aise chez vous"?* :o


Et sinon, la confiance, l'amitié homme/femme, toussa, vous connaissez, Steve? Vous effaceriez tous vos souvenirs et iriez dire adieu à tous vos amis de l'autre sexe du jour au lendemain sous prétexte que vous êtes en couple? Vous le feriez vraiment et/ou l'exigeriez de votre compagne?

Vous pensez sérieusement que le bonheur à deux peut s'obtenir en se coupant du monde? Bah ouais parce que bon, pour ne plus fréquenter personne de l'autre sexe à part son (sa) chéri(e), tout ce qu'on peut faire c'est s'enfermer chez soi et n'inviter personne. Chouette la vie. Il ne manque plus qu'un passage sur le voile forcé dans votre discours et la boucle est bouclée.

Un peu plus tôt, vous affirmiez que les femmes sont infiniment plus possessives que les hommes (ah oui parce que vous savez penser comme une femme maintenant?), pourtant ici vous préconisez à celles-ci d'éviter toute crise de jalousie potentielle chez leur homme, n'est-ce pas un peu contradictoire? Ou bien ce sont les hommes qui n'ont pas assez confiance en eux et donc sont persuadés que leur compagne ira les cocufier à chaque coin de rue ^-^

Saviez-vous également que l'isolement (total ou partiel), j'entends par là garder la personne le plus éloignée possible du cercle social (amis/famille), est la tactique favorite des pervers narcissiques pour garder quelqu'un sous leur joug et le maltraiter à leur gré? Et que c'est comme cela que chaque jour, faute d'avoir pu (ou n'osant pas) obtenir de l'aide extérieure, des femmes (et parfois des hommes) meurent sous les coups de leur conjoint, ou, face à la violence psychologique exercée par celui-ci, finissent par se suicider?

Je ne sais pas si vous en avez conscience, mais vous prônez un idéal du couple très dangereux, et rien que pour cette raison je ne peux définitivement pas vous prendre au sérieux et j'ose espérer que PERSONNE ne suivra ou n'aura l'idée de suivre le "conseil" de ce chapitre.


Soyez une petite m**** soumise incapable de décider, se débrouiller, ou penser par elle-même, et surtout ne couchez pas avant 3 mois, parce que de toute façon un mec, jamais il se casera avec une fille facile, parce qu'une fille facile, ça mérite aucun respect. Encore pire si elle ne va jamais à l'église.

Comme si le respect, ça se méritait. Monsieur Steve (notez que je reste polie :D), c'est tout le monde qu'il faut respecter. Même les prostituées. Même les gros. Même les homos. Même les trans. Même les étrangers. Même les athées. Même les gens que vous n'aimez pas à vue d'oeil. Quelles que soient vos raisons, ce n'est pas parce que les gens sont différents de vous ou que vous avez des préjugés sur eux qu'il méritent moins de respect que les autres.

Et vous? Vous estimez-vous tout à fait respectable? N'avez-vous jamais cédé à des avances et pris plaisir à le faire? N'avez-vous jamais poussé, voire harcelé, une femme pour obtenir des faveurs sexuelles? Les hommes faciles, ça existe aussi, c'est juste qu'on n'en parle pas de la même façon :o

Vous dites que dans tous les cas ce sont toujours les femmes qui choisissent de faire l'amour au final, moi je vous dis que les viols ça existe (conjugaux également hein) donc NON elles ne choisissent pas toujours, même si à vos yeux elles l'ont peut-être mérité parce qu'elles ont joué les allumeuses, mis une jupe trop courte ou autres. Ensuite, dans un couple on est deux, et si les deux personnes sont consentantes et ont envie je ne vois pas pour quel prétexte (non valable) elles devraient se priver, et de surcroît incriminer seulement la femme d'avoir eu du désir et d'y avoir "succombé".

De plus, Monsieur Steve, croyez-vous sincèrement que, dans notre monde de Bisounours, cela freine un homme intéressé uniquement par le sexe de le faire attendre 90 jours? Alors qu'il a très bien la possibilité d'entretenir tranquillement cette relation tout en batifolant ailleurs, et partir une fois qu'il aura obtenu ce qu'il désirait, un nouveau trophée sur son tableau de chasse... ah, c'est sûr que c'est bien plus glorifiant qu'un plan cul d'avoir été prise pour un bout de viande contre son gré au bout de 3 mois :o

Je m'emporte un peu, mais ça fait du bien. x')

Dans d'autres chapitres, Monsieur Steve explique également qu'un homme qui a une mauvaise relation avec sa mère n'est pas capable d'aimer, qu'une femme qui a déjà des enfants doit les présenter au plus tôt de la relation pour aider le monsieur à faire face à ses futures obligations sinon elle le fera fuir et que lorsqu'une femme parle de ses soucis un homme ne sera jamais en mesure de l'écouter ou la réconforter car ce n'est pas dans sa façon d'être de se mettre à la place des autres.

Purée les mecs, je vous plains d'avoir un "représentant du sexe masculin" pareil. Qui fait le portrait de tous les hommes comme des gros c*** irresponsables, insensibles et seulement bons à donner leur fric, aider pour les déménagements et donner leur sperme, alors qu'il ne fait que se décrire LUI après tout. 

Et là j'ai ressenti tellement de dégoût que j'ai enfin fermé ce livre tas d'immondices sexiste. Et ça a drôlement fait du bien.


Pour rester dans le sujet, je concluerais cet article par une magnifique pub que l'on peut admirer en plein centre-ville de Pau

Photo : Le mauvais goût x)

Et si vous ne voyez pas le problème avec cette publicité, je vous invite à consulter cette page qui explique en détails pourquoi (et comment) l'épilation est aujourd'hui devenue une norme intégrée de répression sexuelle parmi d'autres (la minceur et la jeunesse par exemple).

dimanche 7 avril 2013

Trop

Trop réservée pour oser parler
Trop impliquée pour la fermer
Trop effacée pour être remarquée
Trop de traumatismes à exorciser

Trop introvertie pour être un tant soit peu digne d'intérêt
Trop extravagante pour susciter un tant soit peu de respect
Trop emportée par mes émotions pour être impartiale
Trop fem pour être prise au sérieux par des mâles

Pas assez ouverte pour tolérer les discriminations m'entourant
Pas assez de dérision pour digérer l'humour de dominants
Pas assez butch pour trouver sa place chez les LGBT
Pas assez queer, pas assez bi pour vous rencontrer

Épuisée par la communauté geek et ses épreuves
Fatiguée de devoir toujours y faire mes preuves
Et me déguiser derrière un pseudonyme masculin
Pour qu'on ne me traite pas comme une moins-que-rien

Jamais assez fine pour être mince aux yeux du monde
Jamais assez grosse pour être reconnue comme ronde
Jamais assez dans la norme pour rentrer dans un moule
Jamais assez différente, jamais assez cool

Malade de vivre, de faire semblant d'aller bien
Pour ne pas trop inquiéter ce qu'il reste de copains
Malade de souffrir la culpabilisation et la condescendance
D'âmes qui semblent ne posséder ni oreilles ni conscience

Trop forte pour baisser les bras et embrasser la mort
Trop faible pour ne pas pleurer les larmes de mon corps

jeudi 28 mars 2013

#Twitter

Y'a des mois, je me suis inscrite sur Twitter. Je savais pas comment ça marchait, le système de #, toussa, et je trouvais que les gens de toute façon parlaient trop de leur vie ou choses particulièrement inintéressantes, alors je me suis barrée.

Je ne voyais franchement pas l'intérêt de rester, entre les péripéties du chien, le caca de bébé, les fringues de la voisine, les exploits de BeE3staA4h<3 ou les nouveaux succès de CoDKiller75000.


 
Et puis y'a quelques temps je suis revenue chez l'oiseau bleu. Je sais plus trop pourquoi. J'ai commencé à "follow" et "retweet" quelques gens, parce qu'ils avaient des choses marrantes à raconter. Puis j'en ai suivi qui parlaient de trucs plus sérieux, que je trouvais (enfin) dignes d'intérêt.

Ont suivi pas mal de débats, sur la politique, l'économie, le droit, la société, la philo, tout plein de choses que les 3/4 des individus de ma génération considèrent comme "trucs d'intellos". De toute façon, pour eux, "c'est trop difficile de réfléchir". C'est bizarre, parce que moi, penser, j'ai aucun mal à le faire. Ça m'arrive toute la journée, et même quand je voudrais juste dormir et que mon cerveau refuse que je me vide la tête... T_T


Bref. Je disais, j'ai assisté, quelque fois participé à ces débats, et découvert les blogs personnels de certains participants dont j'aimais les interventions. Débats enflammés et articles sur les blogs, qui ont été des puits, que dis-je, des mines de réflexion, et parfois d'indignation. 

Mais, j'ai parfois été énormément déçue (et c'est peu de le dire) de l'attitude de ces mêmes participants. Peut-être qu'il y a un poil de parano dans tout ça. Peut-être qu'ils ont simplement pris un peu la grosse tête. Ou peut-être qu'à force de parler, ils ne savent plus écouter.

Twitter, ou comment se faire chier des heures à essayer de pondre un avis constructif en 140 caractères. #décidemmentbiensursonblog

dimanche 17 mars 2013

Être une geekette - la suite

Un article tout simplement édifiant et qui fait écho à mon premier article sur le sexisme parmi les geeks:

Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier

Je suis franchement déçue par les réactions de certains développeurs dont j'étais admirative ._.'  et je me rends compte après avoir lu tout ça qu'y'a encore plein de choses dont j'avais oublié de vous parler en fait dans mon article, donc je développe !


- Quand t'as des attributs féminins et que tu rentres dans une boutique de jeux, y'a (presque) toujours un con pour t'amener dans le rayon des Sims, Dora ou Nintendogs, ou pour te dire une fois à la caisse : "c'est pour votre petit ami?", genre "toi t'es une meuf tu joues pas à des FPS" --' 

Mais ouiii, mais bien sûûûr ! J'adore les lapins, les chatons, et les petits poneys qui chient des arc-en-ciels ! ...mais je les préfère quand même morts. >:)


- On parle des mangas avec les jeunes filles prépubères aux seins disproportionnés, mais les comics font pas mieux voire pire en termes de diktats physiques, tu peux lire un magazine féminin ça revient au même -_-


- Tu as infiniment plus de chances d'être taxée de "fausse geek" pour la seule raison que tu es une fille, et ce même si tu prouves par a+b que tu t'y connais dans tous tes domaines favoris:

" 

...et si tu t'affiches un peu, c'est encore pire. Il n'y a qu'à voir les commentaires sur les photos de "geekettes" gameuses qui circulent sur Facebook, alors ouais, elles sont prises en photo ou se prennent en train de jouer ou avec une manette, déjà elles font ce qu'elles veulent de leur image (pour continuer dans les préjugés, c'est jamais pire que les photos de poufs les nichons à l'air avec un pot de peinture sur la tronche et la bouche en cul de poule posant devant le miroir de leur salle de bain ^^), et mais putain, c'est une photo quoi ! ._.

A moins de les connaître en personne, qu'est-ce que vous en savez si elles sont geeks ou pas, et qu'est-ce que vous en avez à foutre seulement? Ça vous dérange peut-être de voir des filles (jolies (ou avec des boobs) de surcroît, car un physique agréable c'est bien une des seules qualités que vous voulez bien accorder à une femme, cons de machos --') s'intéresser à des domaines que vous croyez réservés à vous seul ;) je suis convaincue que la plupart de ces filles que vous critiquez gratuitement vous démonterait complètement à vos CoD, BF, LoL et tout ce que vous voulez... et j'adorerais voir ça :3

J'aimerais bien savoir ce qu'est une vraie geekette pour ces mecs en tout cas. Et ce qu'est un geek tout court aussi ça mériterait une meilleure définition mais ça tout le monde s'en bat les c..., un mec qui joue à PES une fois dans l'année ou qui sait se servir de CTRL-ALT-SUPPR c'est trop un geek hein, on a même pas besoin de se poser la question \o/

- Et les pubs, et encore les pubs, exclusivement créées pour un public masculin, à gerber de sexisme. Non mais regardez ça quoi :

 

...ah bah oui, les meufs avec des seins dans le dos, ça existe hein !

 
...désolée pour ceux qui viennent de manger :D 
et désolée pour la dame aussi parce que c'est pas trop gentil pour elle :(

Bref. Je suis dégoûtée également de tout ce dont les femmes qui ne font qu'évoquer ce sujet (comme je le fais encore une fois dans cet article) prennent en pleine tronche, genre c'est nous qui inventons des problèmes, c'est nous les sexistes, c'est nous qu'il faut condamner. Alors que vous vous doutez quand même que si tout ça n'existait pas (y compris le sexisme dans la société en général) on n'en parlerait même pas actuellement. 

Je n'ai pas encore reçu d'insultes et de menaces de mort ou de viol pour ce que j'écris, mais si mon blog ou mon billet était partagé à grande échelle, à mon avis ça ne saurait tarder. M'enfin, pour ce que j'en aurai à faire de leurs critiques... avec ce que j'ai pu prendre par le passé rien qu'en jouant en ligne, je pense être bien assez forte psychologiquement pour supporter les pires remarques d'abrutis ^^ et j'ai pas l'intention de fermer ma gueule de "féministe hystérique" \o/

Bien sûr que je ne pense pas que TOUS les mecs geeks se résument à des machos sans cervelle (sinon je n'aurais pas de potes :3). Mais comme le dit Mar Lard, ces conneries qu'on se prend dans la gueule sont le fait d’une minorité très active, complètement tolérée, et même encouragée par la communauté. Et c'est ça qu'il faut dénoncer.