La grossophobie, quand tu es enfant ou ado, c'est la peur.
D'aller à
l'école, ou dans la rue. Partout.
C'est les insultes, les coups, et les
surnoms, qui te réduisent à un animal, une chose, ou rien du tout.
Et qui demeurent gravés sur ton corps et dans ton esprit d'adulte.
La grossophobie, c'est voir ta confiance en toi partir de zéro (ou y descendre) et ne jamais évoluer, puisque tu n'as pas le temps de la travailler vu que tu es rabaissé constamment.
La grossophobie, c'est les injonctions à manger plus, ou manger moins, que t'inculque ton entourage. Allez, finis ton assiette, y'a des gamins qui crèvent de faim en Afrique. N'en reprends pas, va, t'es déjà assez potelée comme ça. Comment tu fais pour pas t'évanouir en cours avec le peu que tu manges ? Attention, la brioche commence à pousser là. T'as vraiment un appétit d'oiseau, tu pourrais te forcer un peu quand même. Tu ne veux pas avoir un cul de vache ? La grossophobie, c'est trop souvent être seul et le rester. C'est hésiter à sortir de chez soi une fois adulte car on sait, on est persuadé, qu'il va encore se passer quelque chose. Une remarque, un regard, qui va suffire à nous pourrir la journée. La grossophobie, c'est celle que tu subis peu importe ton poids, supposé ou réel.
C'est lorsque des abrutis s'amusent à te traiter de grosse juste pour le plaisir sadique de te voir complexer un peu plus. La grossophobie, c'est parfois faire une taille de jean que les gros considèrent comme "mince", et que les minces considèrent comme "ronde", ainsi tu te trouves dénigrée ou rejetée de tous les côtés. La grossophobie, c'est quand tu surprends des potes en train de dire "moi une fille ronde / grosse / en surpoids, c'est comme une fille qui fume / qui boit / qui se drogue, je pourrais pas", ou "à la limite pour un plan cul et encore, faut être mort de faim... ou avoir vachement pitié". La grossophobie, c'est quand les magazines et les photographes, même amateurs, cherchent "uniquement des filles minces" pour participer en tant que modèle. Critère encore plus con sachant que dans presque tous les cas les photos seront retouchées par la suite, puisque même les filles que l'on estime "minces" ne correspondront jamais à l'image surfaite de la femme renvoyée dans les médias. La grossophobie, c'est subir dix fois plus de regards et de réflexions cinglantes ou irréfléchies que si t'avais "rien à perdre" selon la société, et ces comportements ne choquent jamais grand monde. La grossophobie, c'est l'hypocrisie permanente des gens qui préfèrent utiliser "ronde" plutôt que "grosse", alors qu'ils n'en pensent pas moins. La grossophobie, c'est côtoyer toutes ces injonctions permanentes
teintées de sexisme, "tu ne devrais pas porter ces fringues", "tu
devrais plutôt porter ces vêtements bien larges", "prends du noir et
mets des talons hauts ça amincit", "pas de rayures ça grossit encore
plus", "c'est trop près du corps", "ça irait mieux sur quelqu'un de
mince", "montre tes seins puisque tu en as", "cache bien tes cuissots
par contre". La grossophobie, c'est quand tu vas chez ton pierceur pour te faire
percer le nombril, et que les autres client(e)s te regardent de bas en haut, puis de haut en bas, puis de
travers, comme si toi tu ne devrais pas te le permettre avec ton ventre
rond ou pas tout à fait plat. La grossophobie, c'est tous ces mecs hétéros qui croient te consoler
avec "t'en fais pas, les hommes préfèrent les rondes".
Comme si on avait
forcément besoin de leur approbation. La grossophobie, c'est avoir affaire à la (fausse) bienveillance des gens et leurs "femme ronde = vraie femme", quand leur admiration pour les "rondeurs" se limite aux formes "bien placées", que tu n'as pas forcément d'ailleurs. La grossophobie, c'est quand on te juge gratuitement, non sans une
pointe de dégoût, avec des : "t'es belle, mais t'es grosse...", comme si
les deux étaient parfaitement incompatibles. La grossophobie,
c'est quand les mêmes personnes tentent de te rassurer avec des "ben
oui, t'es grosse, mais t'es belle", et des "un tour à la salle de gym et
là tu seras parfaite". La grossophobie, c'est quand on te
sort "t'es belle MALGRE tes kilos", comme si une horrible malédiction
reposait sur tes si laaarges épaules. La grossophobie, c'est les cons qui pensent que quand tu es gros, tu es de toute façon MALADE, forcé de dire adieu au bonheur et à tous les plaisirs de la vie.
Et de regretter pour l'éternité ton caractère pourri qui fait que tu manques trop de volonté pour pouvoir rentrer dans la case "mince". La grossophobie, c'est souvent le malheur d'avoir des TCA peu (voire pas) reconnues par les institutions médicales, qui te parlent très vite et très facilement de boulimie et d'obésité, beaucoup moins d'anorexie et de dépression. "Après tout, si les grosses étaient anorexiques, elles seraient maigres ?!?!" La grossophobie, c'est commencer à penser aux opérations chirurgicales pour résoudre tous ces "problèmes". S'en vouloir d'être quelqu'un d'aussi superficielet centré sur l'apparence. Y renoncer. Y repenser quand même. La grossophobie, c'est les commentaires décomplexés des gens sur Internet, qui excusent la grossophobie quotidienne par des "mais ils le méritent, pis c'est la vérité, et pis ils ont qu'à maigrir s'ils veulent pas qu'on se moque d'eux" et des "mais c'est pour leur bien qu'on leur dit qu'ils sont gros, il faut bien qu'ils changent, c'est pour leur santé". Et aussi (et peut-être même surtout) parce que ces idiots ne supportent pas de voir des hanches larges ou quelques bourrelets qui dépassent, ou juste l'idée d'y être associé : tout ce qui compte, c'est "sauver les apparences", point. La grossophobie, c'est celle que tout le monde accepte, celle dont tu voudrais te défendre, mais tu n'en as pas les moyens.
Et ça devient celle qui sort de ta propre bouche et que tu appliques à toi-même, tellement on t'a bien bourré le crâne de ces conneries. La grossophobie, c'est pas la lutte contre l'obésité, c'est la lutte contre les gros. Ceux qui prennent trop de place. Ceux qui dérangent. Ceux que l'on a peur de devenir, en fait. La grossophobie, c'est l'effort permanent quand tu as un surpoids et que t'essayes de manger "bien" ou
"mieux" pour t'en débarrasser, même pas pour toi mais pour ceux qui ne t'aiment pas tel-le que tu es. Et que tu continues à cumuler les kilos en même temps que les moqueries. La grossophobie, c'est ces diététiciens et autres "professionnels de la santé" qui se font grassement leur beurre sur ton dos, ce régime forcé et tant détesté, cette grève de la faim qui te noue le ventre, ce bout de salade dans ton assiette qui ne te fait plus envie depuis si longtemps.
La grossophobie, c'est ne plus pouvoir apprécier ce que l'on mange. La grossophobie, c'est ne même plus avoir faim du tout. La grossophobie, c'est se sentir coupable, et haïr son corps au point de vouloir le meurtrir. Et finir par le faire.
C'est chiant tous ces gens qui ne vivent pas quelque chose, et qui, dès lors que tu ouvres ta bouche pour en parler sérieusement, se permettent quand même de te dire comment toi ou les gens qui la subissent tous les jours devraient la vivre.
Les mecs qui t'expliquent comment tu devrais vivre ta condition de femme.
Que tu devrais l'ouvrir moins fort, "parce que les mecs sont pas tous "comme ça"", et que "des mecs violés ça existe aussi". Merveilleux cette façon de minimiser en même temps tous les abus sur des femmes, n'est-ce pas ? *o*
Que "le viol n'est commis que par des dégénérés sortis d'asile psychiatrique". Putain que non. Mais que "tu devrais t'attendre à la possibilité d'être violée à chaque fois que tu sors", donc" tu devrais prévoir des fringues assez couvrantes en permanence". Cool la vie, ton corps t'appartient même pas tavu <3
Et comment tu devrais lutter pour ta cause, en tout cas pas "comme ça", "parce que là tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice". Pas en ayant un avis différent du sien quoi.
Les hétéros qui ne sont aucunement concernés par le mariage gay et la PMA mais se sentent concernés quand même, donc déversent leur homopho... PARDON, partagent leur opinion dans des (d)ébats parfaitement cons(tructifs). Pauvres choupinouuuus, ça vous fait si mal au c(ul)oeur que des gens qui ne vous ressemblent pas aient les mêmes droits que vous ? :o
STRAIGHTSPLAINING. (ouais je sais, je viens d'inventer un mot)
Les maigres / minces qui te demandent de fermer ta gueule de grosse / ronde parce que "eux aussi ils se prennent des commentaires dans la tronche à cause de leurs kilos même si c'est des kilos en moins".
SLIMSPLAINING. (oui, encore) Et là je vais développer un peu.
Comment vous dire. Quelqu'un qui n'a jamais eu de kilos en trop dans sa vie (un nombre conséquent je parle, pas 5 kilos à la con) ne comprendra jamais la souffrance qu'engendre le regard des autres sur cette particularité-là.
Pour faire simple : on rejette l'obésité, on prône la minceur, mais on tolère la maigreur.
J'ai été des deux côtés de la balance (et au milieu mais OSEF), et je peux vous dire que je préfère encore les yeux emplis de pitié des gens quand ils remarquent mes os saillants et être traitée de squelette ou d'anorexique, que le regard de dégoût total (j'exagère pas), les insultes à base de "grosse vache", "bouboule" et compagnie, les cuisses qui se touchent et donc provoquent de fortes réactions cutanées (solution : mettre un short sous les jupes... ou pas de jupe du tout T_T), la fausse bienveillance des proches ou moins proches ("mais non tu n'es pas SI grosse"), et les injonctions hypocrites du type "ne mange pas ça, ça fait grossir" suivies de "finis ton assiette pense aux petits africains qui n'ont rien à manger".
Y'a quand même d'énormes différences.
Par exemple, quand on parle des maigres, on dit souvent qu'ils sont anorexiques, ce qui n'est pas toujours le cas. Quand c'est le cas, on les plaint, parce qu'ils sont "juste malades". Il n'y a que les plus cons qui osent les réprimander. Et pour les gros, on dit souvent qu'ils sont boulimiques, ce qui n'est pas toujours le cas non plus. Quand c'est le cas, et MÊME si ce n'est pas le cas d'ailleurs, les 3/4 de la populace, y compris des gens sensés, les traitent plus bas que terre, disent que "quand même ils pourraient faire un effort ces gros porcs qui bouffent n'importe quoi à longueur de journée", les poussent ainsi délibérément à l'anorexie, que malheureusement les gros souvent connaissent déjà.
Tout se passe dans la plus grande ignorance (ou le plus grand déni) des gens maigres / minces / normaux / pas assez gros aux yeux de la société. La plupart des gens croient sincèrement que l'anorexie n'existe pas chez les gros, "sinon ils ne seraient pas gros". Je voudrais leur expliquer les yeux dans les yeux à ces lobotomisés du bulbe que OUI, on peut être boulimique ET anorexique, et que NON, tous les anorexiques ne se font pas forcément vomir comme ils le voient dans les reportages à la télé.
*Parenthèse ON* Ah
ouais, juste un conseil, si vous voulez garder un cerveau en pleine
forme, jetez votre télé. Ou alors gardez-la, mais juste pour jouer,
bande de geeks. ^-^
*Parenthèse OFF*
Et je voudrais dire aussi aux chers foyers bien-pensants que les TCA, ou Troubles du Comportement Alimentaire, sont le plus souvent induites NON SEULEMENT par notre milieu socio-culturel mais PRINCIPALEMENT par notre contexte familial, donc par vous-mêmes et votre culpabilisation constante, autant envers vous qu'envers vos enfants.
Et il arrive aussi que ce trouble puisse être déclenché par un trauma, ou un mal-être latent. Donc ça serait bien de pas en rajouter une couche hein. Et d'apprendre à ne pas voir les gros comme des déchets de la société. Et d'apprendre à distinguer la maladie chez les boulimiques et pas juste la graisse qui dérange tant votre regard pudique.
En tout cas, quand tu es gros (et surtout quand tu es grosse), les gens se permettent 10 fois plus de réflexions cinglantes ou irréfléchies que si t'avais rien à perdre.
"T'es ronde mais t'es proportionnée". C'est quoi les "proportions" pour toi ?
"Y'a toujours pire". Y'a toujours mieux.
"Ça te va bien mais ça irait mieux à moi". Modestie, modestie...
"Tu devrais pas mettre ce short / cette jupe, tes cuisses vont paraître encore plus grosses, en plus c'est indécent pour les mecs qui vont plus voir que ça". Et bah tant pis pour toi qui ne supporte pas ça, et tant mieux pour ces pauvres animaux en rut, hein ! ^-^
"Dommage, t'as quand même un joli visage". Et en dessous du cou je suis dégueu ? --'
"T'es belle... malgré tes kilos". Erreur, cerveau en surchauffe... "belle" non compatible avec "kilos", veuillez reformuler, veuiller reformuler...
"T'en fais pas, les hommes préfèrent les rondes". Comme si l'approbation du sexe opposé était nécessaire...
"Mais, tes kilos te vont bien à toi".LOL.
Je pourrais aussi faire une liste de réflexions adressées aux maigres mais ça ne vaudra jamais le quart de la fausseté et de la perfidie des précédentes.
Quand tu es gros, les gens n'ont pas peur de te voir mourir ou déprimer. Ils te répètent qu'il faut que tu maigrisses pour ta santé mais c'est le plus souvent faux, ils te le demandent pour sauver les apparences.
Quand tu es maigre ou mince, les gens peuvent t'insulter. Mais il peut y avoir de la jalousie derrière. Suffit que cela vienne d'une personne anorexique ou juste complexée, qui rêverait de la même silhouette.
Il peut également y avoir de la jalousie derrière les insultes envers les gros. Mais, grosse différence, elle sera uniquement envers un critère imposé par la société, à savoir des formes "bien placées", et non le surpoids de la personne.
Donc voilà. Merci de réfléchir et d'être empathique avant de parler ou d'écrire, ça peut servir.
Je finirais cet article par un lien vers un autre "article" totalement décomplexé d'un gros con sexiste, raciste, grossophobe, le bingo quoi. Enjoy.
Si j'avais été un petit garçon, et non une petite fille On ne m'aurait pas voulue douce, généreuse et gentille
J'aurais appris à me défendre avec ou sans violence Néanmoins, à me faire respecter comme une évidence
J'aurai porté la couleur bleue, et non du rose Des fringues confortables et non des jolies choses
J'aurai grimpé aux branches des arbres, me serais roulée dans la boue Mais une demoiselle se doit de toujours se tenir droite et debout...
Au temps présent,
Si j'étais un homme,
Je n'aurais plus à endurer les "hé mademoiselle t'es charmante" Accompagnés de jolis "sale pute" et autres insultes élégantes
Je ne serais ni une "salope", ni une "mal baisée", ni "coincée" Et la longueur de ma jupe n'attesterait en rien de celle de mes idées
Si j'étais un homme,
Je pourrais parler de politique sans être moquée Sur mon poids, ma taille ou mon caractère trempé
Mes opinions, mes valeurs et mes compétences Auraient plus de prestige que mon apparence
Si j'étais un homme,
Toutes les femmes de mon entourage n'auraient pas cet oeil hautain Prêt à critiquer chaque détail de mon apparence physique avec dédain
Tous ces vieux satyres, ces mecs de mon âge et ces hommes mariés Ne me déshabilleraient pas du regard à chaque opportunité
Si j'étais un homme,
Mes tatouages ne seraient pas "moches parce que trop masculins" Voire pas assez floraux ou étoilés selon l'avis de certains
Je disposerais enfin de mon corps qui respire Sans que personne puisse trouver à y redire
Si j'étais un homme,
On ne remettrait pas en cause ma capacité à me servir d'une carte Et je n'aurais plus peur de traîner ne serait-ce qu'en bas de mon appart'
De jour ou de nuit, chaque sortie ne serait plus une prise de risque trop négligée Durant laquelle s'il m'arrivait quoi que ce soit je l'aurais bien mérité
Si j'étais un homme,
Mon nombre de conquêtes serait un tableau de chasse, une fierté Une preuve que je plais, et non que je suis facile à consommer
Je pourrais parler librement de sexe sans me heurter aux sous-entendus De ceux qui pensent que femme libérée égale femme de peu de vertu
Si j'étais un homme,
Personne n'irait dire que je ne m'intéresse aux jeux, au cosplay et à la science-fiction Que pour "faire la belle", draguer l'autre sexe et sur moi attirer l'attention
Les employeurs n'oseraient pas me demander de passer sous la table Pour signer un contrat de travail au salaire tout aussi effroyable
Si j'étais un homme,
Le voisinage ne me résumerait pas à "la meuf" ou "la copine de" Et les administrations à la "propriété du nom de famille de monsieur"
On ne me dirait pas "trop bavarde" dès que je m'exprime avec passion Ni "trop effacée" lorsque j'écoute avec réel intérêt et compassion
Si j'étais un homme,
Je ne connaîtrais pas ce cercle vicieux, cet enfer qu'est l'anorexie Ni le dégoût de soi et des aliments provoqué par une crise de boulimie
Je ne me tuerais pas au sport chaque jour pour rester mince et en forme Juste pour ne plus jamais laisser personne faire de remarque sur mes formes
Si j'étais un homme,
Peut-être que j'aimerais mon corps au naturel, tel qu'il est Avec ses rondeurs, ses épaules larges, voire sa pilosité
En tout cas, je n'aurais plus un semblant de poitrine à détester plus que ma propre vie Ces seins dont la vue me rappelle que d'autres les ont touché sans demander mon avis
Au temps proche,
Si j'avais été un homme, certes je n'en suis pas un Et n'en serais jamais un, mais reconnaissez-le bien
Ces choses ne seraient probablement, certainement jamais arrivées au cours de ma vie Si seulement dès son premier jour ce sexisme et ces clichés ne m'avaient pas suivie
Je me dis encore, s'il n'avait jamais existé de sexe faible ou fort Peut-être cela aurait-il changé pas mal de choses à mon sort
Si la différence entre mes jambes et celle sur mon torse ne provoquaient le discrédit Si seulement il y a 23 ans de cela, j'étais née non pas ELLE, mais juste LUI...
En fait, y'a un sujet tout aussi (voire encore plus) tabou que le sexisme chez les geeks (bon ok un jour on se mettra tous d'accord sur une définition du geek, mais pas aujourd'hui j'ai powney). Et j'irais même jusqu'à dire qu'il y a un lien avéré entre les deux.
Chez nous, vous l'aurez constaté, on aime pas trop les gens qui ne connaissent rien d'un domaine, puis déclarent un intérêt soudain pour la matière, jusqu'à s'en revendiquer fan. Ça vous rappelle pas ces petites copines (ou petits copains) qui n'ont jamais touché à un jeu vidéo puis qui finissent par monopoliser votre console ou ordi? x) Pour rester dans les jeux vidéos ; on aime pas trop non plus les "casus", ces gens qui ne jouent qu'une fois par mois / semaine, ou 15 minutes par jour, et à des jeux "conçus tout spécialement pour ce public" (...ou des jeux Facebook :'D). Certains diraient les jeux Nintendo, *ahem*, en tant que fan éternelle(et même tatouée \o/)de Zelda (et bien que j'aie DÉTESTÉ Skyward Sword hein) je ne peux pas les laisser dire ça --' pis Nintendo, c'est aussi Mario, Yoshi, Kirby, Donkey Kong, Metroid, Pokémon, Wario, Starwing, tout autant de jeux que de légendes du jeu, et perso, même si Big N se contente de suites pour nous faire baver, moi je n'ai pas envie qu'elles disparaissent ces légendes-là... et je ne crois pas que ceux qui ont connu l'époque de la SNES et de la 64 non plus ^^ En parlant d'époque, avoir connu le retro-gaming, c'est un peu ce qui forge notre élitisme aussi à nous les geeks. Y'a les geeks assez vieux pour avoir connu l'Atari dans leur enfance ou jeunesse, les "privilégiés", et puis y'a nous, qui avons connu l'époque de la NES, des disquettes pour jouer à nos jeux PC, et grandi avec les consoles suivantes jusqu'à notre époque.
On ne peut pas s'empêcher d'avoir un petit sourire (ou soupir), de regret, de pitié ou de fierté personnelle, lorsque l'on entend la "nouvelle génération de geeks" dire qu'ils n'ont jamais connu que la PS3 / 360, que CoD est le meilleur jeu qui existe, qu'un jeu est fait pour être beau avant tout, et que nos jeux de vieux, bah ils sont VIEUX, et tout pourris vu comment ils font mal aux yeux.
On est partagés entre l'envie d'envoyer balader ces petits merdeux, et celle de faire son vieux con ("caytay mieux avant") et s'entêter à leur faire découvrir ce que c'est qu'un "vrai" bon jeu, parce que putain Ocarina of Time ça c'était du jeu, et les persos de FF7 ont beau être tout carrés avec une grosse tête on trouvera difficilement plus charismatiques. Et putain, la mort d'Aerith quoi. x_x
Un jeu "de l'époque", c'est-à-dire celle où les développeurs BOSSAIENT vraiment sur leurs jeux malgré les capacités limitées des consoles de l'époque, celle où nos jeux avaient une histoire prenante (et non bâclée) et étaient addictifs au point de nous faire passer facilement plus de 3 heures tous les jours devant l'écran (...bon ok moi c'était bien plus que ça u_u) ou la Gameboy parce qu'on voulait les finir, en entier si possible, et on pouvait passer bien plus d'une centaine d'heures avant d'y arriver... et même recommencer le jeu une fois terminé.
Et puis les jeux sur borne arcade qui nous faisaient dépenser toutes nos petites pièces, où l'on voulait taper son nom en 3 lettres dans le high-score. (moi c'était AAA :3) Et puis les jeux en multi, où on se retrouvait à 4 devant la même console à se mettre des branlées sur Mario Kart... et pas chacun chez lui derrière son écran à loot et farmer de l'xp pour une quête quelconque sur un MMO quelconque. ... BEH OUAIS CAY CON MAIS CAYTAY MIEUX AVANT.
Et c'est aussi con d'en vouloir aux "noobs" et aux "casus" de s'intéresser à notre passion, de les rabaisser, de les rejeter "parce que eux ils savent pas qu'est-ce qui est bien". Et encore plus de leur interdire de s'y intéresser car "ils font honte au milieu geek *cry* ils nous insultent nous les vrais", ou parce que "OMFG WOMAN GTFO GO BACK TO THE KITCHEN ROFL".
Parce que ouais, malheureusement, quand t'es une femme la grande majorité de la société geek estime que tu ne peux être qu'une casu / attention-whore (on en revient à notre mythe de la "fausse geekette") ou alors une no-life moche et obèse dont personne ne veut (à part les désespérés des MMO qui harcèlent tout ce qui ressemble de près ou de loin à une femme en pixels). Je parle beaucoup du jeu parce que c'est le domaine qui me touche le plus, mais cette forme d'élitisme est valable également chez les otakus (définition occidentale du terme), les programmeurs, les fans de comics, de RP, de Fantasy, de SF, etc. Et même en étant déjà très passionné d'un domaine et en essayant seulement de toucher un peu à tout, bah, ça reste difficile pour un (et encore plus une) geek de se faire une toute petite place chez les accros d'autres passions.
Au départ, on ne vaut rien.
Combien de fois sous des airs amicaux a-t-on voulu me faire essayer du RP plateau, combien de fois j'ai dit oui par curiosité et pur intérêt, et combien de fois je me suis retrouvée dans des parties difficiles où l'on me rappelait que j'étais une femme et DONC que je ne savais pas jouer, alors que si je suis venue c'était justement pour APPRENDRE, et pas pour me faire dévaloriser et harceler du début à la fin de la partie.
Et maintenant, combien de fois je dis non aux invitations parce que je n'ai aucune envie de revivre la même situation, même si je sais que ça ferait plaisir à mon homme et beaucoup de potes qui me relancent régulièrement là-dessus. C'est pour cela que je pense que le sexisme et l'élitisme vont de pair chez les geeks. On se plaît à penser qu'il n'y a forcément pas plus passionné que soi, et en plus se conforter dans l'idée que les femmes ne s'intéressent à ces passions-là (il y a peu "réservées aux hommes" puisque destinées à ceux-ci) que récemment donc elles ne peuvent pas être autant passionnées ou douées que les hommes.
Je voudrais juste rappeler à ces geeks-là qu'on a TOUS été des noobs, et qu'ils auront encore des choses à découvrir, même dans leur domaine préféré. Et c'est quand même plus sympa de partager tout ça avec d'autres geeks, qu'ils soient "vrais" ou pas.
(et je vous ai même pas parlé des métalleux, pourtant y'en aurait des choses à dire de ce côté-là aussi. :D)
Coucou. J'ai testé pour vous (booon ok, pour moi surtout '>>)les lentilles Fusion Vert Jaune de chez ColourVue. Le mélange des couleurs avait l'air bizarre, et puis en fait, ça passe vachement bien en vrai !
J'ai par contre eu beaucoup de mal à les mettre (...et à les garder au départ xD), car (je pense) elles sont un peu petites pour mes grands n'oeils, ce qui est étonnant vu que je n'ai jamais eu de problème avec les Glamour Aqua :/ bref, j'ai eu droit à un certain temps d'adaptation avant de ne plus les sentir du tout. Les yeux larmoyants, toussa. Sinon promesse tenue, les lentilles sont très couvrantes même sur des yeux foncés et elles changent le regard tout en donnant un effet naturel ^-^ Donc je recommande la marque, comme d'hab, à tous les cosplayers, modèles et autres gens qui veulent un vrai résultat et/ou un éclaircissement, et pas juste des reflets à la con ou une couleur qui a rien à voir. *parce que ouais des lentilles j'en ai test un paquet et je vous ai épargné les mauvaises reviews x)*
Les gens ne veulent pas entendre, ne veulent pas comprendre. Ou du moins, ils sont prêts à croire n'importe quoi, tant que ça les arrange de le penser. Les gens, ils croient qu'un diplôme fait la force et la valeur d'une personne. Ils croient que c'est simple de ne pas faire une dépression, de ne pas se faire manipuler. Qu'il suffit de relever la tête et d'avoir confiance en soi. Que ce n'est pas possible vu ton niveau d'études, qu'il faut être bien faible dans sa tête pour se laisser faire, face à un mari violent ou autre pervers narcissique, notion qui de toute façon n'existe pas à leurs yeux. Qu'il suffit tout simplement de partir. Ces gens-là, les mêmes qui croient que les violeurs, c'est ceux qu'on voit dans les films, les inconnus qui attendent dans les petites ruelles sombres, les étrangers à l'affût de la première fille seule qui traînera dans le coin. Ces gens-là, qui croient qu'une fille voilée ou aux vêtements larges est toujours plus en sécurité qu'une fille en jupe ou maquillée, qui elle aura bien mérité ce qui peut lui arriver, vu qu'elle "l'aura cherché".
Ces gens-là, qui vont préférer détourner les yeux, traiter une victime de menteuse, parce qu'elle n'est "pas assez brisée pour que ce soit vrai", parce que quand t'as été violée, il paraît que tu peux pas avoir de relation stable, ni de vie sexuelle normale, et il paraît même que tu peux plus sourire jusqu'à la fin de tes jours. Mais ces gens-là ne savent pas que les violeurs, c'est rarement ceux des romans ou des films. Ils ne savent pas ce que c'est qu'un PN, ni ce que c'est de vivre aux côtés d'un PN, puisque ceux-ci savent très bien dissimuler leurs travers, voire inverser la situation aux yeux de leur entourage. Ces gens-là ne savent pas que derrière les visages amicaux et souriants peuvent se cacher les pires monstres. Les violeurs, ça peut être ton patron, ton prof, ton père, ton frère, ton voisin, ton copain, ton mari, ton meilleur ami. Ça peut même être une femme de ton entourage. Tu sais, le même entourage qui te dit : "Non mais moi je suis pas comme ça, moi j'ai jamais violé, pis tous les mecs sont pas des connards hein".
Mais, si tous les mecs ne sont pas "comme ça", alors où ils sont, les violeurs ? Ceux qui devraient être en prison ? Les violeurs, ça peut être n'importe quel "mec normal" que t'as autour de toi. Ça peut être tes copains, quand ils ont pas de gêne à dire au sein de ton cercle d'amis qu'ils ont déjà fait boire une fille "facile" pour pouvoir mieux conclure avec, "au départ elle disait non, mais elle n'a plus dit non ensuite".
Ça peut être ton copain quand une fois au lit il t'oblige ou te fait du chantage tous les jours pour que tu fasses quelque chose pour lui faire plaisir alors que ça ne te fait pas envie ou que ça te déplaît. Ça peut être toi, qui profite quand ta copine dort, quand tu menaces de la battre, de la tromper ou la quitter si elle ne suit pas ton rythme sexuel à la lettre, ou quand elle te dit qu'elle le fera pas sans capote et que toi t'y vas quand même. Et toi, combien de fois as-tu violé ? Et combien de fois as-tu laissé faire, expliqué ou pardonné un viol ? Combien de fois as-tu fait culpabiliser la victime, en disant qu'elle était trop soumise, qu'elle attirait trop l'attention, qu'elle devrait être contente parce que son agresseur était beau, ou qu'elle n'était pas au bon endroit au bon moment ? Combien de fois as-tu reporté la faute sur l'éducation des violeurs, l'urbanisation ou la société elle-même ?
Combien de fois as-tu contribué à la culture du viol ?